Skyrace Comapedrosa

Skyrace Comapedrosa. Toucher le ciel avec la main.

Texte: Kissthemountain
Photo: Escobedo Heart

L’  

 

ascension depuis le Pla de l’Estany jusqu’au pic de Comapedrosa (2942 mètres), point culminant de l’Andorre, est très dure. Probablement la plus exigeante de toutes celles qui intègrent les différentes épreuves de la modalité Classic des Migu Run Skyrunner® World Series. Il suffit de dire qu’il faut monter pratiquement mil mètres en un peu moins de deux kilomètres. Plus on avance, plus on a l’impression d’être tombé dans un piège avec peu d’échappatoires ; jusqu’à découvrir qu’il n’y en a qu’une seule et qu’elle se trouve juste en haut. La pente est tellement raide que revenir sur ses pas n’est pas une option. On le sait bien : dans la montagne, il est souvent plus facile de monter que de descendre.

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Une foule s’est amassée autour du refuge situé au pied de cette montée spectaculaire pour contempler les premiers mètres de l’ascension de ses idoles. La force de Kilian Jornet, l’aisance de Petter Engdahl, le sourire de Pascal Egli, la concentration de Marc Pinsach, la fermeté de Finlay Wild, la lutte des frères Casal ; la supériorité de Lina El Kott, l’effort de Laura Orgué, la rigueur de Sanna El Kott, les doutes de Sheila Avilés, la persévérance de Holly Page, le dévouement de Ragna Debats… Et une longue liste de sentiments s’affiche sur les visages des centaines de coureurs. Encouragés par le public, ils s’apprêtent à monter directement au ciel, semblent-ils se dire pour être capables de puiser dans leurs réserves, déjà limitées.

 

 

Lina El Kott attend inquiète sur la ligne d’arrivée. Elle vient de remporter une nouvelle épreuve de la coupe du monde et est exultante de joie. Rien qu’elle ne peut décrire ce sentiment, le reste on arrive à peine à le deviner. Soudain, les nerfs prennent le dessus. Les haut-parleurs annoncent que sa jumelle, Sanna, descend déjà les rues d’Arinsal, à peine cinq mètres derrière Sheila Avilés. Le grand écran installé à la zone d’arrivée capte le moment. À près de soixante mètres de la fin, Sheila rattrape Sanna et les deux courent presque en parallèle. Sanna serre les dents et, sans regarder à ses côtés, change le rythme. À seulement dix mètres de la ligne d’arrivée, c’est finalement elle qui pointera en troisième position. Sheila a tout essayé, mais ne réussit pas. Complètement crevées, elles s’écroulent au sol après avoir franchi la ligne qui marque la fin de l’épreuve. Elles tombent comme au ralenti. Sanna reçoit l’étreinte chaleureuse de sa sœur. Elle ne reste pas plus de dix secondes par terre. Elle se remet vite débout pour embrasser Sheila. Avant tout, ce qui compte, c’est les valeurs.

 

 

 

Petter Engdahl franchit la ligne d’arrivée désorienté et tombe par terre. Il a réussi à boucler la course en troisième position, derrière Kilian Jornet et Pascal Egli. Pendant une grande partie de l’épreuve, il était premier, accompagné du coureur catalan. Mais il a souffert un accident et s’est heurté la tête. À la ligne d’arrivée, Pascal Egli raconte qu’il a réussi à rattraper Kilian et Petter.

 

 

Kilian s’est arrêté pour aider le coureur suédois. À l’arrivée, ce sont justement les deux premiers qui vont le secourir. Kilian, accroupi, tient la main de Petter sous le regard inquiet de Pascal. Les photographes et les techniciens vidéo tentent de saisir ce moment. Le public applaudit le geste. Peter prend du temps pour se récupérer. Et Kilian, le vainqueur, crie : de l’eau ! Avant tout, les valeurs. Difficiles à apprécier dans d’autres sports qui ne se déroulent pas en montagne.  

 

 

 

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