Le Mont-Blanc vu du ciel

Le Mont-Blanc vu du ciel.

Texte et photos : Paralelo 70. Always Exploring

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es dents pointues surgissent de la bouche caverneuse du dragon, prélude d’exploits personnels dont on se souviendra toujours ou qui se perdront dans le temps.

Quand il eut l’occasion de la visiter, Le Corbusier voulut admirer l’Amérique du Sud d’en haut, à vue d’oiseau, et pour mener à bien ce projet, il choisit de voler avec Antoine de Saint-Exupéry. De cette vue aérienne surgit la Loi du méandre, qui donna lieu par la suite à un modèle de cité linéaire, qualifié par Manfredo Tafuri comme la vision urbaine la plus révolutionnaire du 20e siècle.

Regarder la terre vue du ciel a toujours été un désir inhérent à l’être humain. Voler, voir d’en haut, rêver, parce que comme le disait Antoine de Saint-Exupéry « pour voir clairement, il suffit de changer la direction du regard ».

L’enfant dessine la montagne. Le temps passe. Il change sa manière de regarder et après avoir fait tout le tour, il regarde les choses comme lorsqu’il était petit et redessine la montagne, tel qu’il le fit 50 ans auparavant.

Le petit prince fit l’ascension d’une haute montagne. Les seules montagnes qu’il eût jamais connues étaient les trois volcans qui lui arrivaient au genou. Et il se servait du volcan éteint comme d’un tabouret. « D’une montagne haute comme celle-ci, se dit-il donc, j’apercevrai d’un coup toute la planète et tous les hommes… » Mais il n’aperçut rien que des aiguilles de roc bien aiguisées.

Antoine de Saint-Exupéry

Un jour clair laisse entrevoir un objet dégagé et aimable, mais le cœur de la montagne est indomptable, parfois obscur et terrible.

Un point de vue différent, la dimension humaine superposée à un paysage sauvage, ou la relation visuelle avec l’alpiniste qui nous prend en photo, le contraste du blanc sur le fond obscur, quoi qu’il en soit, c’est le Mont-Blanc.

Voler entre les montagnes pour s’élever par la suite et voir les sommets d’en haut produit une sensation très différente de celle des vols conventionnels qui projettent une image à plat.

Les vols en hélicoptère permettent de comprendre la topographie, la formation des montagnes et des glaciers d’un point de vue plus proche et original.

Des toutes petites taches de couleurs montent au sommet. La lumière rasante du soleil projette leurs ombres, intensifiant ainsi la présence humaine sur cet immense flanc dont l’échelle ne peut être imaginée que grâce à elles. Cette vue du ciel éveille en nous un sentiment de courage et de désolation qu’ils ne parviennent pas à percevoir.

Là où notre regard croise l’infini surgit ce paysage de couleurs délavées, diluées dans la distance ou peut-être dans le temps.

 

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