Adam Ondra

Adam Ondra. Le génie grimpeur.

C’  

est peut être normal que la première voie de l’histoire avec une cotation 9c ait été réalisée par quelqu’un qui fait de l’escalade depuis l’âge de deux ans, quelqu’un qui apprécie tout le processus pour y parvenir sans que cela ne devienne un cauchemar, quelqu’un qui s’efforce au maximum d’une manière quasi obsessionnelle dans chaque entraînement, quelqu’un qui ne se contente pas d’escalader avec une technique pratiquement parfaite et cherche l’aide de spécialistes du fonctionnement du corps humain. J’ai toujours considéré Adam un génie. Après cette conversation, je trouve que c’est incontestable.

 

Texte : Arête du Diable.

Arête du Diable: Je voudrais que tu fermes les yeux et que tu cherches tes premiers souvenirs liés au monde de l’escalade.

Adam Ondra : C’est assez difficile car les premières expériences datent d’il y a très longtemps, quand j’étais tout petit. Je n’ai pas de premières images bien définies. Ce que je peux te dire c’est que dans ma famille, tout le monde grimpe et, que quand j’avais deux ans et je voyais mes parents et leurs amis escalader, d’une manière naturelle, moi aussi je voulais le faire. J’imagine que c’était tout simplement car je ne voulais pas être le seul à ne pas grimper. Donc, j’oserais même dire que j’ai commencé à faire de l’escalade car c’était le plus naturel, et non pas parce que mes parents m’aient forcé. À l’âge de six ans, mes souvenirs sont beaucoup plus clairs. Je me souviens de mettre mes essais dans une voie assez compliquée, du 6a, située à l’école près de chez moi. Ce souvenir est très net. Je me suis tellement amusé que cela m’a encouragé à continuer. Puis, les premières compétitions, où ne pas gagner me motivait énormément. À partir de là, j’ai voulu passer beaucoup plus de temps dans la salle d’escalade pour entraîner et mieux les préparer. J’ai beaucoup d’ambition. Si je terminais en troisième position, j’étais content, mais je songeais déjà à remporter la victoire la prochaine fois.

A : En 2009, en Chine, tu as perdu le Championnat du Monde contre Patxi [Usobiaga] au dernier moment…

AO : [Rires]. Oui, tout à fait.

A : Les choses ont bien changé. Maintenant, il est ton coach.

AO : Oui, ce fut un moment crucial de ma vie. Ceci nous a rapprochés beaucoup. C’était ma première compétition internationale, lors du Championnat du Monde en Chine. J’avais gagné la voie de la demi-finale. Pour la finale, je savais que Patxi avait fait top. Et que moi je devais en faire de même, mais je suis tombé au dernier pas, les nerfs m’ont trahi.

A : Bon, ce n’est pas aussi grave… Patxi méritait d’être le champion du monde, n’est-ce pas ?

AO : Exactement. En plus, pour moi ce fut encore plus motivant de ne pas remporter le championnat lors de ma première participation.

A : Adam, ferme à nouveau les yeux et parle-moi des dix secondes juste après l’enchaînement de Silence [premier et seul 9c de l’Histoire réalisé sur le site de Flatanger, en Norvège].

AO : Pour moi, il y a deux moments particulièrement intenses du jour de l’enchaînement. Le premier, quand j’étais dans le crux de la voie. Il m’a toujours semblé très dur. Même lorsque je tentais les pas de cette zone. Mais ce jour-ci, j’étais très détendu et en même temps, pleinement concentré. C’est très difficile de saisir chaque prise avec la perfection et la précision avec lesquelles je le fis à ce moment. Je me sentais en pleine harmonie avec la voie. C’était un sentiment assez étrange. Tout était précis et parfait et j’étais tellement détendu… Mentalement, je n’ai jamais grimpé aussi bien qu’à Silence. Ce fut un moment de « silence » dans ma tête. Je faisais avec aisance des choses vraiment compliquées. Le deuxième moment que je n’oublierai jamais, c’est quand j’ai atteint le relais. Ce fut très intense. J’étais tellement submergé par les émotions que je n’arrivais même pas à les exprimer. Normalement, lorsque je parviens à faire une chose aussi compliquée, je crie pour libérer les tensions, mais cette fois-ci j’étais incapable. Je ne pouvais que pleurer, mais très faiblement. Ce fut une minute de quasi « silence ».

 

A : Quelle intensité ! À ce moment-là tu es vraiment conscient de ce que tu as réussi. Petit à petit, le travail paye…

AO : J’ai passé deux ans à travailler sur cette voie.

A : L’autre jour je parlais avec Carlos Logroño, Citro, sur l’évolution de ce sport. En résumé, il trouve que l’évolution la plus remarquable s’est produite au niveau du mental. Il a utilisé un exemple qui m’a permis de mieux comprendre. Il disait que la première fois que l’on a fait moins de 10 secondes dans les 100 mètres, ce fut car on était tellement près que les athlètes ont commencé à y croire. Il m’a donné cet exemple quand on parlait sur le 9a+ de Margo Hayes à Céüse, une voie qu’elle a faite en un temps relativement court alors que Chris Sharma a dû y consacrer environ deux ans. Je lui ai demandé comment était cela possible, ou encore ton 9c, et il m’a répondu que dans le cas de Margo, elle avait en tête que quelqu’un d’autre avait déjà fait cette voie ; et que dans ton cas, ceci n’était qu’un petit pas supplémentaire par rapport à tes 9b+. Il parlait du pouvoir du mental lorsque les défis sont presque à portée de main.

AO : Tout à fait, c’est ainsi que ça marche en escalade. Je pense que les filles ces dernières années avaient le niveau suffisant pour faire des voies cotées 9a, 9a+ ou 9b, mais je crois aussi qu’elles n’avaient jamais essayé car elles croyaient que c’était infaisable. Tout ceci est en train de changer, et la raison principale est bien celle dont te parlait Citro. Le niveau augmente, évidemment, mais la composante clé est le mental. Ce n’est que le début. Sur ce type de voies, les filles vont sûrement grimper mieux que les hommes.

 

A : Cette barrière psychologique que tu viens de briser avec le premier 9c de l’Histoire va peut-être permettre que, dans un avenir pas très lointain, quelqu’un d’autre relève ce même défi ? Que ce soit à Silence ou ailleurs…

AO : Je ne peux pas te dire si ce sera tôt ou tard, car seuls Chris Sharma et moi avons fait du 9b+. Je crois fermement qu’Alex Megos a le niveau, mais le mental pour faire un 9c est presque plus important que le niveau technique. Je ne pense pas que quelqu’un puisse faire un 9c dans les prochains jours. Il faut essayer, le projet doit devenir presque une obsession et, même si on y met ses essais pendant de nombreuses semaines, il faut être capable de profiter du processus. Ce n’est pas de la tarte. Je suis persuadé qu’il y a quelques années je n’aurais pas pu faire Silence, mais l’expérience acquise a joué un rôle essentiel. Les essais à Silence ne sont jamais devenus un cauchemar, et ceci est difficile à faire. J’ai toujours profité. Je savais que ça allait être un processus compliqué, mais ce n’a jamais été un cauchemar. Voici la clé.

A : Et pourquoi Adam Ondra a été le premier à faire un 9c ? Tu as brisé cette barrière psychologique qui va permettre aux autres de mettre leurs tentatives avec le temps, mais… Pourquoi toi ?

 

Adam Ondra. Arête du Diable

 

AO : Il y a beaucoup de facteurs. C’est sûrement car j’ai du talent, car mes parents m’ont beaucoup aidé pour pouvoir voyager en Europe et faire de l’escalade de rocher tous les week-ends, aussi parce que j’ai participé à de nombreuses compétitions… Mais je suis persuadé que le facteur fondamental est que l’escalade me plait trop. Dans tous les entraînements, cinq heures par jour, six jours par semaine, pendant vingt ans, je me suis efforcé au maximum. C’est dur, mais ça me plait. Si ce n’est pas ainsi, ça devient un sacrifice difficile à atteindre, mais moi, malgré la difficulté, je profite toujours. Ce n’est pas fréquent de trouver quelqu’un comme ça.

« Le deuxième moment que je n’oublierai jamais, c’est quand j’ai atteint le relais. Ce fut très intense. J’étais tellement submergé par les émotions que je n’arrivais même pas à les exprimer. Normalement, lorsque je parviens à faire une chose aussi compliquée, je crie pour libérer les tensions, mais cette fois-ci j’étais incapable. Je ne pouvais que pleurer, mais très faiblement. Ce fut une minute de quasi silence ».

 

A : Peut-être Chris Sharma ou…

AO : Chris aime beaucoup grimper, mais il n’aime pas tellement entraîner à fond comme moi ou comme Patxi Usobiaga. Et ça c’est difficile à changer.

A : Adam, je t’ai entendu dire que si Silence n’avait pas ce repos pour les genoux, cette voie pourrait même arriver à une cotation 10.

AO : Oui, j’en suis complètement convaincu. La voie sans les repos vaudrait presque 10a+. Quelque chose d’impossible pour moi. Je ne sais même pas si cela pourrait se faire. Sûrement oui, mais en tout cas pas moi… Parce que le boulder qu’il faut grimper au milieu de la voie est très dur. Ces 15 mouvements sont les plus durs que je n’ai jamais faits. Et ce qui est encore plus fou, c’est que ce boulder se trouve en plein milieu de la voie. Ces repos rendent la voie possible, malgré sa difficulté extrême. Je pouvais me reposer et me refaire complètement pour me sentir à nouveau aussi fort qu’au début de la voie.

A : Mais… Si tu dis que tu ne pourrais jamais le faire, qui alors ? D’autres grimpeurs avec d’autres conditions ? Faire cette voie sans repos serait impossible actuellement ?

 

AO : Oui. Je suis curieux de voir quel sera le niveau dans 20 ans. Peut-être alors ce sera possible.

A : Mais pourquoi ? Pour l’évolution de la condition physique, technique ou mentale ?

AO : Il y a beaucoup de domaines à améliorer et à travailler avec l’entraînement. Escalader est quelque chose de complexe. L’entraînement physique a bien évolué, mais on n’a pas réussi à bien le combiner avec l’entraînement de la technique. Savoir utiliser à la perfection chaque muscle de son corps peut évoluer et c’est un domaine susceptible de progresser énormément. Tout comme le mental. Il reste encore un long chemin à parcourir. C’est comme si on avait un gamin de 5 ans avec lequel on pouvait travailler la technique en profondeur. C’est sur ça que je me concentre dernièrement. Je me suis toujours concentré beaucoup sur la technique, grimper d’une manière 100 % parfaite, utiliser la moindre force possible pour enchaîner une voie. Il y a quelques années, je croyais que je grimpais d’une manière presque parfaite, que je ne pouvais améliorer qu’avec l’entraînement physique, mais je me suis rendu compte que ce n’est pas vrai. Je peux continuer à évoluer avec l’entraînement physique, c’est vrai, mais encore plus avec la technique. Il y a des aspects auxquels je n’y avais jamais pensé.

A : Je comptais parler sur ça avec toi. La motivation et la manière dont celle-ci peut être orientée vers des aspects susceptibles d’amélioration…

AO : Oui, Juanmi. Je n’ai aucun problème avec la motivation. J’aime grimper sans plus, c’est naturel. La motivation pour faire une voie 9c, où il faut mettre ses essais pendant 15 semaines pour y parvenir c’est…. Comment dire ? Les voies dures m’inspirent plus, elles me semblent plus impressionnantes et me donnent envie de me dépasser. En fin de comptes, je me régale avec ce type de voies. J’aime le fait que l’escalade ne soit pas un simple sport physique, mais qu’elle aille bien plus au-delà. Ça me motive de savoir que je peux encore faire des progrès énormes au niveau technique.

A : C’est sur ces progrès techniques que tu parles avec Patxi Usobiaga ?

AO : Oui, bien sûr, mais avec Patxi je parle surtout de la périodisation et des programmes d’entraînement. Il maîtrise très bien ce domaine. Nous parlons aussi de technique, mais pour ces autres aspects, il convient plutôt de travailler coude à coude avec les kinés. Je crois que l’avenir est là. Avoir un coach pour les programmes d’entraînement et quelqu’un dans l’équipe qui connait très bien le corps et son fonctionnement. Ceci permet d’escalader mieux et des voies plus dures, mais aussi d’avoir moins de blessures.

« Dans tous les entraînements, cinq heures par jour, six jours par semaine, pendant vingt ans, je me suis efforcé au maximum. C’est dur, mais ça me plait. Si ce n’est pas ainsi, ça devient un sacrifice difficile à atteindre, mais moi, malgré la difficulté, je profite toujours. Ce n’est pas fréquent de trouver quelqu’un comme ça ».

 

A : Quand tu parles de kinés, tu ne parles pas uniquement du traitement post-entraînement pour une récupération similaire à celle que font les cyclistes du Tour de France…

AO : Oui, oui, ce n’est pas seulement une question de récupération. Un kiné peut m’observer grimper et me donner certains conseils. Je te donne un exemple. La position des épaules est très importante dans l’escalade. Si elles ne sont pas correctement situées, on utilise davantage le biceps et le pectoral, et ceci peut ne pas être aussi performant. Avec une meilleure position, on compense avec tout le dos, qui a beaucoup plus de force que les biceps et les pectoraux. Mais pour la plupart des grimpeurs, c’est naturel et même presque instinctif de suivre des habitudes qui ne sont peut-être pas les plus adéquates. Par exemple, lorsque nous avons deux verticales, on fait souvent une compression avec les pectoraux. C’est presque une impulsion naturelle chez les grimpeurs. Alors qu’il est possible de le faire avec les muscles du dos. Et comme je disais avant, ceux-ci ont plus de force, d’où le mouvement devient moins agressif aussi. Faire la verticale avec les pectoraux devient trop intense pour les coudes et les épaules.

A : Ces spécialistes font déjà partie de ton équipe ?

AO: Cette année j’ai rencontré Klaus Isele, de l’Autriche. Il m’a beaucoup aidé.

 

A : Adam, je t’ai déjà entendu dire, en parlant de Silence, que le chemin pour y parvenir a été bien plus important que le fait de réussir.

AO : Pour une question de motivation, il est capital d’avoir un objectif, mais lorsque j’entraîne ou je mets mes premiers essais dans un projet, la plus grande motivation pour moi est de profiter du processus, d’avoir des objectifs tout petits. Je ne pense au grand objectif que quand je me sens démotivé ou trop épuisé pour entraîner plus dur alors que je sais qu’il le faut. Je me dis : « Ok, je dois entraîner parce que je veux faire ce 9c ». Mais j’essaye de ne pas trop utiliser cet argument, et de le réserver uniquement aux moments les plus durs, où, à cause de la fatigue, je ne profite plus tellement du processus d’entraînement.

A : Silence est la voie que tu as eu plus de mal à faire, mais par contre, Dawn Wall fut quelque chose de spécial et de différent, peut-être pas tellement pour l’effort physique ou technique, mais parce que c’était une autre paire de manches.

AO : Dawn Wall était une voie spéciale parce que je n’avais pas d’expérience en big walls. J’avais déjà fait quelques parois de 400 mètres mais très équipées avec des ancrages (parabolts). Pourtant, à Dawn Wall il n’y a pas seulement des parabolts, il faut utiliser des protections naturelles et d’autres protections fixes qui ne sont pas très bonnes. C’est une escalade très dure au niveau technique car le rocher a très peu d’adhérence et beaucoup de fissures. C’est vraiment compliqué. Je n’avais jamais grimpé au Yosemite et les premiers jours je ne savais même pas quoi faire. Tout me semblait très dur. Puis, en même temps, il y a beaucoup de longueurs qui sont très dangereuses et ceci est aussi difficile au niveau du mental. Alors que je n’étais qu’amateur en big walls, j’ai choisi l’un des plus durs au monde. Ce fut peut-être une bêtise. J’aurais dû choisir une voie un peu plus facile, mais j’étais vraiment motivé pour y mettre mes essais. Au début, cela me semblait impossible. Je ne faisais aucune confiance à mes pieds dans ces longueurs aussi étranges, et j’ai eu besoin de quelques semaines de tentatives pour gagner cette confiance. Finalement, même si ce fut quand même très dur, il a fallu un déclic dans ma tête. Après quelques semaines, j’ai commencé à croire que la voie était faisable.

« Savoir utiliser à la perfection chaque muscle de son corps peut évoluer et c’est un domaine susceptible de progresser énormément. Tout comme le mental. Il reste encore un long chemin à parcourir. C’est comme si on avait un gamin de 5 ans avec lequel on pouvait travailler la technique en profondeur. C’est sur ça que je me concentre dernièrement ».

 

A : Tu vas retourner au Yosemite ?

AO : Oui, sans doute. El Capitán est vraiment incroyable, il y a un potentiel énorme pour faire des voies encore plus dures que Dawn Wall.

A : Quel est ton prochain projet ?

AO : Je veux me concentrer sur l’escalade sportive et essayer d’augmenter mon niveau dans cette discipline. Pour l’année prochaine, j’aimerais faire un autre 9c. On verra si c’est possible.

A : Tu as déjà quelque chose en tête ?

AO : J’ai trop de projets. Surtout en France ou en Italie. Il y a un autre très bon près de chez moi. C’est difficile de savoir si c’est du 9b+ ou du 9c. Il faut continuer à essayer beaucoup plus, puis voir.

A : Les Jeux Olympiques de Tokyo te motivent ?

AO : Oui, ils me motivent, bien sûr, même si je n’aime pas beaucoup le format. Mais je dois l’accepter. Ceci sera le plus difficile pour moi. Entraîner la vitesse même si ça ne me plait pas tellement. Ce sera la première fois que j’entraîne pour quelque chose qui ne me plait pas.

A : Tu es sûr de vouloir le faire ?

AO : Oui, oui.

A : Parlant de compétition, je cite tes propres mots : « La compétition est bien parce que c’est le seul moment où tu peux te comparer aux autres, mais ça ne m’intéresse pas de le faire tous les ans car je ne le vois que comme un sport, et non pas comme un style de vie ».

AO : Oui, tout à fait. Il se peut que les compétitions me motivent à entraîner plus spécifiquement, et qu’à long terme, ceci m’aide à faire de voies en rocher très difficiles. J’aime aussi entraîner pour un objectif donné, pour avoir un méga pic de forme juste le jour clé et à une heure donnée. Sur la voie finale, il faut démontrer tout ce qu’on a entraîné avant, rien qu’en cinq minutes. C’est une question très physique, c’est clair, mais très mentale aussi.

A : Tu travailles bien sous pression ?

AO : Il y a eu des moments de ma carrière où j’ai été très performant dans les compétitions. Ce dernier Championnat du Monde à Paris, dans la finale de difficulté, j’ai grimpé très bien mentalement, j’étais presque imbattable.

 

A : Tu entraînes aussi le mental ?

AO : Dans chaque séance d’entraînement j’essaye de tout donner à cent pour cent, pour que lors de la compétition ou du moment clé de mon objectif, je sois prêt à puiser très loin dans mes ressources. Agir ainsi dans les entraînements est positif, car ceux-ci deviennent plus efficients et ils nous préparent pour les moments clés, mais cela exige aussi beaucoup de force mentale. Finalement, ce n’est pas difficile d’entraîner cinq heures par jour, ce qui est compliqué c’est de tout donner à chaque mouvement.

A : Qu’aurais tu fait dans la vie si tu n’étais pas devenu grimpeur ?

AO : Je serais une personne complètement différente car l’escalade a marqué presque tous les aspects de ma vie. C’est difficile à dire. Mais je crois que grimper, faire les mouvements et voir le monde d’en haut, est tellement naturel en moi que même si dans ma famille ils n’avaient pas tous fait de l’escalade, peut-être plus tard, mais j’aurais fini par la découvrir également.

A : C’est ton mode de vie…

AO : Je ne peux pas imaginer la vie sans l’escalade. Dans 30 ou 40 ans, je continuerai à grimper. Sûrement pas du 9c, mais faire de voies en rocher me rend heureux.

A : Ce mode de vie exige beaucoup de sacrifice ou ça vient d’une manière naturelle ? Tu as 24 ans. Je suis sûr que de temps en temps il y aura des amis qui te donnent un coup de fil pour boire un verre ou sortir le soir et que tu devras dire non car tu dois entraîner le lendemain. Pour toi, c’est un sacrifice ?

AO : Parfois oui, c’est un sacrifice et je dois dire non même si j’ai envie, mais je trouve que l’important est de parvenir à un équilibre entre sacrifice et divertissement. Même si boire quelques verres peut ne pas être bon pour la récupération, je sais aussi que cela peut me détendre, et le mental est aussi très important. Quand on fait trop de sacrifices, la pression devient presque insupportable. Il faut trouver le juste milieu entre la concentration dans le sport et le sentiment de ne pas faire trop de sacrifices. Pour chaque personne, cet équilibre se trouve à un point différent. Dans mon cas, je n’ai pas le sentiment de faire trop de sacrifices, même si d’autres peuvent croire l’inverse.

A : L’équilibre…

AO : C’est le plus important dans la vie en général.

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